le Mellah

les enfants du Mellah

Le salpêtre, l'humidité et tout le reste tapissent les murs qui tiennent par miracle.
Le carrelage au sol, erzatz d'humanité, sert de cour de récréation aux enfants qui sortent de nulle part.
Dans le quartier juif de la medina, les femmes s'ennivrent des dernières salves de soleil de la journée avant de s'en aller préparer le fumet familial.
Les gamins jouent, s'éprouvent, se chamaillent, se bousculent un peu et se frappent beaucoup pour imposer la loi d'ici. L'innocence est de mise dans cet espace de liberté.
Les bruits de la rue s'entrechoquent et crééent une mélopée sourde, continue mais bien présente.
On entend les chocs des talons, la clameur des voix, le chuchottement des interdits.  
Le soir est là. Maintenant les hommes vont rentrer et les portes se refermer.

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Ait Ben Haddou, il n'y a plus rien

Cette nuit, la tempête s'est fâchée avec la terre. Le ksar, passif face au monde des humains, s'est déguisé en château de sable.
Au matin pâle, la vie a repris son cours normal sans rien dire, hypocrite et inconséquente. Les animaux s'abreuvent de nouveau à l'oued marron, les guides encore endormis ont repris leur labeur de transporteurs de touristes, serviles et attentifs aux subsides à venir.
Les misérables eux, se sont réinstallés dans le confort de leur vie minable et facile.

Ainsi, une page se tourne chaque jour. Elle alimente le sablier de l'existence qui se frotte aux joutes du quotidien, comme çà, sans passion ni ambition. La folie du monde occidental n'a pas de prise sur le campement de ces berbères qui se contendent de prier et prier Dieu    ... qui ne s'est toujours pas montré d'ailleurs.
Il faut bien espérer qu'il y ait une autre vie après la vie, mieux réglée et plus agitée sans doute, sinon !!!
Dehors, le printemps qui a enfourché ses bottes de sept lieux, assomme la végétation qui frissonne de plaisir.
Le soleil qui attend comme un prédateur, prêt à asséner ses coups de griffes va réchauffer les têtes.

Le bonheur est là, caché sous un décor stupide de carte postale. Mais qu'importe le flacon pourvu ...

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Tighdouine

Le regard ...       est là, bien là. Il est obsédant, glace le sang et interpelle.
Le balancement de l'enfant sur une branche d'olivier est à l'image de son indifférence à notre culture qui lui échappe et dont il se moque éperdument.
Ses préoccupations sont à cent lieux de notre ordre établi. 
La mère est ailleurs dans ce monde humble mais possible.
Le temps n'a pas de prix dans cette existence formatée à la douceur. On voudrait que les gens soient heureux dans cette vallée belle à se damner.
Mais Bon Dieu qu'est ce qu'on vient faire ici !
Evidemment, le clic de la photo est l'image de trop.
Violer la quiétude des gens heureux et sans histoire, c'est un peu minable quand même.

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sur l'épaule sous la voute

Le petit est bien calé au creux de l'épaule.
Allah va veiller sur lui, puis le rendre à la société avec des certitudes qui peuvent nous échapper. C'est le vrai mystère de cette vie à nulle autre pareille sans doute. La misère est la même, au soleil aussi.

Derrière les murs tricheurs, chacun fait se qu'il peut et s'arrange avec sa conscience pour vivre le reste de son temps. Il n'y a pas de liberté, juste de petites libertés qui vous laissent affranchi et dégagé de tout.

Le soleil menteur et excessif, irradie la nature qui vous bouleverse et vous chamboule jusqu'à l'écoeurement.


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rouge

Il n'y a pas de star ac ou de people sous les sunlights des feux du soir. 
Vivre caché suffit pour tuer la vie ou être autrement.

 

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une histoire

Le soleil a oublié de prendre des vacances. Cela permet ainsi de contourner tous les obstacles, braver tous les interdits et de se payer du bon temps.
Le moyen âge a retrouvé sa place et revêtu ses oripeaux d'alors. L'avant-gardisme s'est cassé les dents.
Y'a pas de problème; tu demandes, je te donne.
         ... alors roulons et partons vers le retour au monde d'antan.
Les chats chauds comme la braise s'accouplent comme des lapins et tapissent le décor.
Ils envahissent les poubelles sans toit ni lois.
Devant la mosquée, des mains calleuses et endolories par la fatigue se tendent en quête d'humanité.
Le muezzin syncope de sa mélopée ressassée la belle léthargie ambiante.
Les gardiens gardent, les carrioles passent, les taxis traînent.
Des gosses chahutent et sèment la pagaille dans les salles de cinémas dédiées au festival du film. Leur attitude est un pied de nez à l'Occident, une fronde.
Hors la norme, point de salut.

Pourtant c'est la belle vie.
Le ciel s'amuse avec le cœur. La douceur chaleureuse mais contrôlée par l'Atlas chamboule les corps.
Les arbres semblent toujours en fleurs, les parfums de l'Orient toujours ensorcelants. Les remparts de la ville protègent jalousement la medina.  
  et puis, et puis, il y a une sorte de ravissement inexplicable et jouissif.
Peut être le confort de se sentir pris dans les tenailles du tempo qui nous étreint.
       alors
prendre un bon de vin sous les voiles du Kechmara, un thé à la menthe au Solaris ... et puis n'en attendre rien. 
           
La pluie a envahi l'espace depuis deux jours; cela me rappelle ma ville.

L'Atlas s'est revêtu de blanc, lui aussi. L'hiver a posé ses griffes sur le massif. Les feux du soleil lui donne un aspect féérique et surprenant. 
La ville est maintenant froide en fin d'après midi lorsque la lumière disparait.

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mirage

Il n'y a pas de vie mais des preuves de vies.
La réalité est dans la folie, l'illusion et ... l'espoir qui fait vivre et vous assène ses préceptes éculés et ridicules.
Le soleil donne la même couleur aux gens mais la pauvreté poursuit toujours les mêmes; c'est la fatalité du malheur.
Tous ces hommes se battent contre leur ombre avec un courage imbécile.
Il n'y a plus rien, plus plus rien. La religion a tué l'espoir; le peuple bouffe l'opium avec une docilité navrante.
Il faut espérer qu'un Dieu existe, sinon quel désespoir.

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place

Le regard des hommes est surprenant, presque inquiétant.
Il y a sur leurs visages, la fatigue, la colère et la haine, la surprise parfois, d'une condition sans espoir et réduite au malheur.
Les fauves sont dans l'arène et veulent en découdre     ... en découdre avec quoi, c'est là tout le mystère d'une vie au bord du précipice.
... tout çà pour une histoire surannée et désuète de crotales et de cobras presque morts.
Le chapitre est récité de la même manière depuis des lustres et se transmet de génération en génération pour amadouer et taquiner les touristes en mal d'exotisme et leur soutirer quelques dirhams qui suffiront au tagine pris en commun.

Le monde n'est pas toujours gai pardi; les sons des tambours, des cornemuses et autres instruments de fortune suffiront à couvrir le désarroi de leurs coeurs.

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agadir

... page de couleurs pour une mer remontée.
l'Atlantique est fidèle à sa réputation, sauvage, imprévisible et libre.
la nature est capable de nous en mettre plein les yeux, comme çà, à l'abri des regards presque discrets.
Le corps se retrouve dans cette harmonie d'extravagance, fouetté par les délires des vagues en furie.

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esquisse

menara

La face ouest du pavillon de la Menara tournée vers le soleil du soir se prête à tous les détours; elle donne envie de prendre son chevalet pour y imprimer la toile, de s'arrêter un instant pour saisir la fulgurance des tons ou de garder pour soi des tonnes de secrets qui garantissent le plaisir qui brutalise de coeur.
Les belles d'autrefois y ont laissé leur peau, pour satisfaire les ardeurs des sultans fous. 

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3 mois déjà

(quatre vingt dix jours ont sonné) 
Il y a toujours une fête de quelque chose ici.
Hier le Ramadam, aujourd'hui l'Aid, demain Noel          non     ...  je mélange tout.
Notre équipage à trois vogue la galère sur le continent africain au rythme d'une saison.
"L'égorgeage" des moutons est terminé, leurs têtes trônent sur les braseros allumés ici et là au coin des rues.
Les hommes énervés par les rondeurs de la manifestation réclament l'alcool qui dissipera leurs ardeurs. On les sait impatients, inquiets et exaspérés par des envies qu'on devine insatisfaites.

Nous sommes à Marrakech depuis 90 jours, le temps de la validation d'une carte de résident qui légitimise notre entrée sur cette terre étrangère et tellement surprenante.
La liberté du chérifien est une gageure. Tout se joue dans l'interdit ou le non dit ou à la roulette russe. Les braves gens sont des girouettes qui suivent la direction du vent. Notre bonne conscience et notre éducation judeo chrétienne sont comme des casserolles qu'on trimballe un peu partout.
L'expérience est confondante et passionnante, le risque est grand et ennivrant.


J'ose imaginer qu'on puisse encore aimer et se sentir surpris comme un enfant qui sort de son lit et part se battre contre les indiens.

Inch'Allah Dieu est grand; enfin çà se voit, il est là, derrière les parasols de l'été qui ne finit jamais.

Marrakech le 29 Novembre 2009

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Le bonheur dépend des petites choses, quoiqu'il dépende aussi des grandes

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