Ma ville est marquée par la mer qui a débordé de l'estuaire voisin pour venir grossir les eaux de la rebelle ligérienne.
Les gens d'ci, modestes et taciturnes, sont un peu tristes. La nostalgie n'est pas toujours gaie, on le sait.
Pourtant, c'est peut être tout cela qui la rend si belle, généreuse et un rien prétentieuse.
Il y a les ponts, les marchés, les civelles, le muscadet, les berlingots, le petit beurre et tellement de belles choses ... comme dans les films d'autrefois.
Jacques DEMY est d'ici, la poésie aussi.
La vie pourtant, y est parfois un peu rude. Le climat est versatile, les hommes sont sans détours; ils connaissent la valeur du travail.
La belle endormie ne dort souvent que d'un oeil. Elle n'aime pas les complications.
Le "jaune et vert" a disparu, mais l'espoir toujours demeure. Ses habits de lumière, elle les retrouvera bien un jour.
Elle a fait disparaitre son pont transbordeur pour justifier son entrée dans le monde moderne, s'est amendée de la tragédie de l'esclavage qui a sali son port disparu, s'est achetée une sorte de vertu qui devient maintenant son fond de commerce.
Nantes s'est débarrassée de ses canaux pour ne pas devenir la Venise de l'Ouest. L'eau coule sous les ponts au rythme de ses sautes d'humeur.
Elle a compris le prix à payer pour séduire; elle vend, mais se méfie des arrogants.
L'endormie a forcé sa nature pour devenir séduisante, juste retour des choses.
Un fol espoir emplit le coeur de ses multiples amoureux. Maintenant, la ravissante vend ses charmes. La séduction est toujours ce qu'elle était.
