Sidi Ifni, la fin

Tout un décor de fin de parcours cette venelle d'IFNI avec ces saturations de bleu, barbouillé des embruns de l'océan tout proche. On croit entendre le ressac permanent des vagues qui donnent le tournis et claquent contre les galets.
La femme est une nonne encore en vie. Elle promène la dureté de son destin avec une fatalité confondante pour sauver une pauvreté qui ne se discute pas. On dirait plutôt un santon dans une crèche de Provence.
Les hommes jouent leur existence à la roulette russe. Pourtant on ne gagne pas à tous les coups.
La rue semble déserte mais tellement emplie des allers et venues de ces gens brisés par l'habitude.
La médiocrité se conjugue parfois à la beauté d'un lieu qui fascine.
SIDI dort mais ne se meurt pas.
Derrière les apparences, on sent le passage du sable qui fuit puis se faufille entre les doigts.
La dernière citadelle chérifienne avant le désert, ressemble à une ville de garnison avec ses artistes maudits, ses voyageurs impénitents et ses touristes curieux mais en mal de vibrations.
On peut vous glisser au creux de l'oreille que la vie se termine ici.
La route vers la Mauritanie nous attend derrière les remparts de la ville. Après, c'est nulle part.