Binic

Le vent agace les poulies des gréements qui se cognent dans l'air iodé de la baie d'Emeraude.
Des voiles rouges et blanches brisent la ligne d'horizon qui ne demande pourtant qu'un peu de calme.
On se sent une âme de marin l'espace d'un instant.
C'est peut être le prix à payer pour gagner l'autre rive.
Un semblant de sérénité voudrait bien troubler ce tableau naif et lénifiant d'une rentrée au port qu'accompagnent les badeaux.
L'embellie parait proche et la clarté d'un jour nouveau attend son heure.
La quiétude revenue, il n'est pas rare de voir le soleil jouer peu brutalement avec l'infini pour donner des lumières rares qui touchent le coeur.