Marrakech, la ville rouge, démêle l'écheveau inextricable de son histoire, qui nous semble tellement impénétrable.
Les gens ont empilé des trésors de mystères, d'invraisemblances et de drôleries, établissant ainsi une sorte de pacte avec les petits arrangements pour mettre en place cette cohérence chaotique, fragile mais … possible.
La vie use son cours dans une forme d'équilibre, sur un fil tendu mais secoué par les soubresauts de la compassion à la féodalité et la soumission aux Dieux. Plus çà va, et moins l'évidence ne nous parait simple. Rien n’est ordinaire, mais tout semble imaginable.
Ne gâchons pas cependant le bonheur du plaisir qui se glisse comme çà au hasard de la vie ... d’une main qui se tend, d’un corps qui se prend, un peu beaucoup passionnément.
Le vent colorie de sable cette terre pleine des contrastes de la lumière et de l’amour.
Dans la medina, les gamins jouent, s'éprouvent, se chamaillent, se bousculent un peu et se frappent beaucoup pour imposer la loi d'ici. L'innocence est de mise dans cet espace de liberté. Les bruits de la rue s'entrechoquent et créent une mélopée sourde, continue mais omniprésente.
On entend le choc des talons, la clameur des voix, le chuchotement des interdits.
Derrière les lourds murs épais de la medina, il nous reste le silence et cette sourde inquiétude qui ressemble à une ambiance de château fort hanté et plein de mystères.
On se sent parfois oppressé et pas très rassuré parce que … étranger aux lieux et rejeté d'une mécanique huilée qui a ses rouages, ses rites et son fonctionnement. Il faut se laisser emporter dans ce labyrinthe ou la fantasmagorie des couleurs ferait hurler de rage et de honte tous les artistes de la terre face à cette beauté à trancher le souffle.
Les amas de tôle et de bois récupérés ici et là délimitent un espace de fantaisie et de commerce qui ne répond à aucune logique mercantile mais plutôt au miroir de notre existence exacerbé par cette poésie et cette drôlerie d’une citée magique à nulle autre pareille.